Il est généralement admis qu'à défaut de pouvoir "prouver" l'existence
de Dieu, la croyance en Dieu se résume nécessairement à un pur et
simple "acte de foi". Mais le demi-siècle écoulé a été témoin d'un
remarquable renouveau d'intérêt pour la théologie naturelle, branche de
la théologie qui cherche à garantir la foi en l'existence de Dieu en dehors
des ressources de la révélation qui fait autorité sous la forme de
propositions. De nos jours et par contraste avec seulement la génération
précédente, la théologie naturelle est devenue un champ de recherches
des plus prometteur.
Le 8 avril 1966, en effet, le magazine Time avait simplement inscrit en
couverture trois mots en lettres rouges sur fond noir : "Dieu est-il
mort?" L'article portait sur la tendance alors dominante des théologiens
américains à proclamer la mort de Dieu. Mais au moment même où les
théologiens prononçaient son oraison funèbre, une nouvelle génération
de philosophes redécouvrait sa vitalité. À peine quelques années après
cet article consacré au thème de la mort de Dieu, le magazine Time
présentait une couverture toute semblable où se lisaient, cette fois, les
mots : "Dieu est-il en train de revenir à la vie ?" C'est la découverte en
tout cas probable de ces théologiens fossoyeurs des années 1960 ! Dans
les années 1970, l'intérêt pour la philosophie de la religion ne cessa de
croître, et en 1980 le magazine Time publia un numéro avec une
couverture du même type qui titrait : "Moderniser l'argumentation en
faveur de Dieu." L'article décrivait la tendance des philosophes
contemporains à revaloriser les arguments traditionnels en faveur de
l'existence de Dieu. Le Time exprimait son étonnement :
C'est par une révolution tranquille de la pensée et de
l'argumentation, révolution que personne n'aurait pu prévoir voici
seulement deux décennies, que Dieu opère son grand retour. Le
plus étonnant est pourtant que ce retour n'est pas le fait des
théologiens ou des simples croyants, mais des cénacles
intellectuels de la philosophie académique, alors même que le
Tout-Puissant avait été très longtemps banni de tout débat
fructueux.1
Selon cet article, Roderick Chrisholm, aujourd'hui décédé, estimait que
la puissante influence de l'athéisme sur la génération précédente était
due à l'athéisme des philosophes les plus brillants ; mais aujourd'hui,
disait-il, bon nombre de non moins brillants philosophes sont théistes
et ont adopté une ligne de défense intellectuellement robuste, ce qui
leur manquait à cette époque-là dans le débat.
Il s'ensuivit une véritable transformation de la philosophie anglo-
américaine. Durant l'automne 2001, le magazine séculier Philo publiait
un article d'un chef de file athée qui déplorait ce qu'il nommait "la
désécularisation de l'université au niveau des sections philosophiques
depuis la fin des années 1960". En voici la teneur :
Les naturalistes ont observé, sans réagir, l'émergence de versions
réalistes du théisme, dues la plupart du temps à l'influence des
écrits de Plantinga, et qui ont peu à peu atteint toute la
communauté des philosophes, au point qu'aujourd'hui un quart ou
un tiers d'entre eux sont théistes dont la majorité embrasse la foi
chrétienne orthodoxe... Dans les autres disciplines, les théistes ont
tendance à séparer leur croyance de leur travail de chercheurs ; ils
assument rarement le théisme et ne le défendent pas dans leurs
travaux universitaires. Adopter une autre position équivaudrait à
un suicide académique ou, plus précisément, au rejet pur et simple
de leurs articles... Mais en philosophie, la défense du théisme a
acquis, presque du jour au lendemain, ses lettres de créance à
l'université, offrant du même coup une voie d'accès aux théistes les
plus intelligents et les plus talentueux de notre époque entrant
dans le monde universitaire.
Et voici sa conclusion : "Dieu n'est pas "mort" dans les milieux
intellectuels ; il est revenu à la vie à la fin des années 1960 et il est
maintenant bien vivant dans les départements de philosophie, dernier
bastion académique du théisme."
Voilà le témoignage d'un philosophe athée de premier plan sur le
changement opéré sous ses yeux dans la philosophie anglo-américaine.
Sans doute, exagère-t-il au niveau des statistiques, mais son estimation
n'en révèle pas moins l'impact perçu des philosophes chrétiens dans ce
champ d'action. Aujourd'hui, tous les divers arguments classiques en
faveur de l'existence de Dieu sont présentés par des hommes
intelligents, de grande valeur, dont les ouvrages sont publiés par les
meilleurs organes de presse universitaires, et dont les articles paraissent
dans des revues spécialisées de philosophie ou présentés dans des
conférences organisées par des sociétés philosophiques agréées.
Notes:
1 “Modernizing the Case for God," Time, 7 avril 1980, 65-66.
2 Quentin Smith, "The Metaphilosophy of Naturalism," Philo 4, n° 2 (2001): 3-4.
Source : Extraits sélectionnés de la préface de l’édition française, de la préface
de la troisième édition américaine, de l’introduction et du chapitre 3,
“L’existence de Dieu”.
notre époque a grandement besoin. Il
regorge d'arguments pertinents et très
persuasifs présentés dans un langage
accessible et irénique.”
-Craig A. Evans,
professeur distingué
de Nouveau Testament
à la chaire de Payzant,
Acadia Divinity College, Canada;
auteur de
Fabricating Jesus: How Modern Scholars
Distort the Gospels.
“Dans une prose admirablement claire, le
Professeur Craig présente des
thématiques historiques et
philosophiques importantes qui sont
pertinentes pour les articles de foi
chrétiens... Ce livre est une défense
admirable des fondements de la foi
chrétienne."
- C. Behan McCullagh,
Programme de Philosophie,
Université La Trobe, Australie.
Tables des matières :
Première partie : De Fide
1 Comment savoir que le christianisme
est vrai?
Deuxième partie : De Homine
2 L’absurdité de la vie sans Dieu
Troisième partie : De Deo
3 L’existence de Dieu (1)
4 L’existence de Dieu (2)
Quatrième partie : De Creatione
5 Le problème de la connaissance
historique
6 Le problème des miracles
Cinquième partie : De Christo
7 La perception de Jésus par lui-même
8 La résurrection de Jésus